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L'histoire du Marais Poitevin

L’agglomération d’Arçais ne s’est pas implantée sur une île comme Irleau ou le Vanneau. Le village se trouvait en bordure du Golfe des Pictons, à l’extrémité ouest d’une bande de terrain calcaire dont la base a été rongée par les flots marins et découpée en petites anses. C’est dans l’une de ces anses qu’Arçais s’est aménagée un port. Il est possible d’imaginer ce qu’il fut à cette époque, au lieudit de Sainte-Sabine, du haut d’une bute encore existante. Il faut bien se mettre en tête que l’ensemble de notre région était entièrement recouverte par la mer. C’est donc au fond de cette immense baie, non loin de l’embouchure de la Sèvre Niortaise, que s’établit Arçais.

Il porta plusieurs noms :

Le marais n’est pas arrivé à son état actuel tout naturellement. Il aurait encore actuellement l’aspect d’un vaste marécage si l’homme n’avait complété l’œuvre de la nature à son profit. Au XIe siècle, on cultivait déjà les parties les plus élevées. Les seigneurs, comprenant alors la nécessité qu’il y avait de dessécher ce marais improductif, en firent don d’une grande étendue aux abbayes environnantes, lesquelles se groupèrent et formèrent des associations.

Les moines dessiccateurs, aidés bénévolement par les habitants des paroisses, qui recevaient en échange, pour prix de leurs services, une portion du marais ou certains droits de pacages, poursuivirent méthodiquement leur œuvre.
Cinq abbayes associées, celles de l’Absie, Saint-Maixent, Saint-Michel-en-l ‘Herm, Maillezais et Nieul-sur-l ‘Autize, creusèrent de nombreux canaux, dont l’un qui se jette dans la Sèvre, à l’Anse du Braud, porte encore le nom de « Canal des cinq Abbés« .
Ces canaux, tout en desséchant le marais, servirent aussi de voies de communication. Au XIIIe siècle, les associations prirent fin et quelques années plus tard, on récoltait sur les parties desséchées, du foin, des fèves, etc… Malheureusement la guerre de cent ans amena la ruine ; les écluses furent détruites et les canaux s’envasèrent.

François 1er fit effectuer plusieurs travaux entre la Vendée et le canal de Luçon. Mais les guerres de religion vinrent anéantir l’œuvre accomplie. On coupait les digues pour barrer par l’inondation la route à l’ennemi ; les travaux d’art furent ainsi détruits. Jusqu’au règne d’Henri IV, les marais furent pour ainsi dire improductifs.

Le roi de Navarre s’intéressa au dessèchement du marais poitevin et à cet effet, se rendit à Marans d’où il écrivait le 17 juin 1586, à sa maîtresse, la belle Corisandre d’Andouin « Ah ! que je vous y ai souhaitée ! C’est le lieu où, selon mon cœur, je vous ai désirée. On s’y plait avec ceux que l’on aime et l’on regrette une absence ».

Ce n’est qu’en 1599, à la date du 8 avril, sous l’initiative de Sully, que paraît un édit qui autorise le dessèchement de nos terrains boueux et en confie le privilège à Humfroy Bradley, ingénieur hollandais. Bradley fut nommé maître des digues du royaume, mais prévoyant de grosses difficultés, il s’était adjoint des associés. Il fit venir de nombreuses familles hollandaises et eut à lutter contre la méfiance des ouvriers français. Un souvenir nous reste encore de cette association : C’est le « canal des hollandais ».

Bradley mourut en 1639. Le 4 mai 1641, une nouvelle société fut constituée.
Pierre Siette, ingénieur français qui avait la direction de l’entreprise, commença ses travaux en 1643 et les termina en 1646. En trois années, il fit creuser 75 kilomètres de canaux dans le bas marais.

Sous Louis XIV, 1300 hectares furent encore desséchés, mais rien ne fut entrepris pendant le cours du XVIIIe siècle.
Bien que ces dessèchements successifs entrepris sur une assez grande échelle aient produit d’incontestables résultats, c’est le décret impérial de Napoléon 1er qui produisit des améliorations sérieuses au régime de la Sèvre Niortaise, tant au point de vue de la navigation que du dessèchement des terres encore marécageuses.

Le décret, signé à Bayonne le 29 mai 1808, contient surtout des dispositions relatives à la navigation. Malheureusement, ce décret, qui détermine la largeur à donner à la Sèvre dans tout son parcours, c’est-à-dire de Niort à la mer, est muet sur la profondeur. C’est peut-être à cause de cela qu’il n’y a pas eu de suite immédiate ; à la chute de l’empire, le décret fut enfoui et oublié dans les cartons ministériels. La Restauration ne fit rien pour le marais ; quelques projets étaient à l’étude, mais les années s’écoulèrent sans apporter des résultats pratiques. Après de longues années d’études, chargées d’arrêtés administratifs, de rapports d’ingénieurs, etc… un décret royal en date du 24 août 1833 indique les travaux à exécuter. L’ordonnance du 24 août 1833 est le point de départ d’une véritable révolution dans les mœurs des habitants et aussi dans la nature, l’aspect et la valeur du sol.

C’est d’après ces ordonnances que se formèrent les sociétés des « marais mouillés » par opposition aux marais desséchés. Les propriétaires des marais mouillés groupés formèrent trois sociétés syndicales : l’une pour les marais des Deux-Sèvres, l’autre pour ceux de la Vendée, et la troisième pour ceux de la Charente-Maritime. Pour se créer des ressources, ces sociétés obtinrent le droit d’établir des contributions sur les propriétaires intéressés à l’exécution des travaux nécessaires, qui ne tardèrent pas à prendre de l’importance : élargissement et approfondissement du fossé du Loup ; redressement et élargissement de la rivière de Béjou : creusement de la Grande Rigole de la Garette qui était terminée en 1845 et de la rigole du Port Goron ; ouverture de la rigole du Mazeau, en 1859, etc…
En 1868, la Sèvre fut redressée, canalisée sur une certaine partie de son cours, notamment entre Saint-Liguaire et Coulon. Entre la Sotterie et les Bourdettes, 300 000 mètres cubes de terre et de sable ont été sortis du lit de la Sèvre Niortaise en 1963.

Aujourd’hui, Arçais, bien que resté rural, a su se placer comme étant, à l’heure actuelle, un pôle attractif de par la beauté de ses marais et l’architecture de ses habitats pittoresques. Entretenu pour conserver son caractère maraîchin, il attire aujourd’hui un grand nombre de visiteurs, sur ses conches comme dans ses venelles empreintes d’un passé encore errant !
Situé au cœur, de ce que des poètes charmeurs ont appelé, « La Venise Verte », il compte à lui seul 40 kilomètres de canaux navigables, pour une superficie de marais couvrant 1000 hectares (pour illustrer cette dimension, les Marais Mouillés englobent 172 km de voies d’eau praticables sur le domaine public).

Si nous avons choisi d’ouvrir ce site, c’est pour vous faire découvrir une région superbe.
Considérée comme l’une des plus grandes zones humides d’Europe, le Marais Poitevin demeure un espace d’intérêt écologique majeur.
Ce territoire unique, façonné par des générations de maraîchins, offre le spectacle incessant de l’ union de l’eau et de la lumière.

Originaire de ce pays, « Qui ne ressemble à aucun autre », nous vous invitons à venir le contempler, l’aimer et le protéger.

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